T.O.P.O.S
Le sujet n'est plus le changement.
Le sujet est la révélation.
Certaines formes sont tellement présentes qu'elles en deviennent invisibles.
Stocks agricoles.
Friches.
Matériaux abandonnés.
Empilements logistiques.
Architectures spontanées.
Mon travail d'artiste consiste à révéler ces territoires déjà existants.
Je ne crée pas des objets.
Je révèle des présences.
Je ne transforme pas le monde.
Je montre ce qui est déjà là.
TOPOS / PHOTOPHONES
Le territoire révélé par l'image.
TOPOS / SCULPTURES
Le territoire révélé par les rebuts industriels.
TOPOS / PALETTES
Le territoire révélé par la logistique agricole.
Projet en cours
MONOLITHE VIOLET
Une forme monumentale déjà présente dans le paysage.
Une révélation plutôt qu'une construction.
c'est tout l'objet de la photo en haut de page
lucborell
Artiste contemporain.
Fondateur depuis 1995 de la démarche T.O.P.O.S
"Territoires Opportuns à Périmètres Ouverts Scénographiés"
MANIFESTE DU T.O.P.O.S. Un concept opératoire de lucborell
Le T.O.P.O.S. — Territoires Opportuns à Périmètres Ouverts Scénographiés — ne désigne pas un lieu au sens traditionnel, mais une manière d’activer l’espace. Là où le lieu classique se définit par sa stabilité, sa délimitation et sa fonction, le T.O.P.O.S. introduit une conception dynamique, relationnelle et instable du territoire. Il ne s’agit plus d’occuper un espace, mais de le faire advenir comme champ d’expérience.
Un T.O.P.O.S. émerge toujours dans une situation donnée. Il n’est pas prédéfini, ni abstrait : il apparaît là où des conditions spécifiques — matérielles, techniques, contextuelles — rendent possible une transformation. Une friche, un déchet, un flux d’images, un espace marginal sont autant de points d’entrée. Ce qui fonde le T.O.P.O.S., ce n’est pas la qualité intrinsèque d’un lieu, mais son potentiel d’activation. Il relève ainsi d’une logique de l’opportunité : saisir ce qui est déjà là, mais encore inactif, et le transformer en expérience: le révéler!
Cette activation repose sur une ouverture fondamentale. Le T.O.P.O.S. ne possède pas de frontières fixes : ses limites sont poreuses, mobiles, traversables. Le territoire ne s’y définit plus par exclusion, mais par relations et monstration. Toute frontière y devient interface, zone de contact et de circulation. Par-là, le T.O.P.O.S. substitue à l’espace fermé une topologie ouverte, où ce qui importe n’est pas la forme du lieu, mais les flux qui le traversent et les connexions qui s’y établissent.
Cependant, cette ouverture ne signifie pas absence de structure. Le T.O.P.O.S. est scénographié. Il est organisé par un geste qui agence les éléments présents — matières, images, volumes, rythmes — pour produire une expérience. La scénographie ne se limite pas à une mise en forme esthétique : elle constitue un principe opératoire qui transforme l’espace en dispositif. Ce dispositif engage le corps et la perception ; il ne donne pas à voir une œuvre, mais place le regardeur au sein d’une situation. L’expérience n’est plus extérieure à l’œuvre : elle en est la condition même.
Dans ce cadre, la matière joue un rôle central. Les matériaux mobilisés — souvent issus du rebut ou de l’industrie ou de stocks agricoles — ne sont pas traités comme des supports neutres, mais comme des éléments actifs du territoire. Leur transformation ne consiste pas à les ennoblir, mais à les déplacer, à les reconfigurer dans un autre régime de perception. Ce déplacement produit une inversion : ce qui était périphérique devient structurant. L'objet ici, cesse d’être un résidu pour devenir un opérateur de sens.
Parallèlement, le T.O.P.O.S. intègre les images techniques comme prolongement du territoire. Les photophones ne sont pas conçus comme des représentations autonomes, mais comme des vecteurs d’expansion spatiale. Ils introduisent une dimension numérique qui ne s’oppose pas au réel, mais s’y articule. L’espace devient ainsi hybride : à la fois matériel et informationnel, local et diffus. Cette hybridation dissout les catégories traditionnelles — sculpture, image, installation — au profit d’un champ unique d’interactions.
Dès lors, le T.O.P.O.S. ne peut être compris ni comme un objet, ni comme un lieu, mais comme un agencement en transformation. Il produit moins des formes que des relations, moins des œuvres que des conditions d’expérience. Le sens qui en émerge n’est pas contenu dans ses éléments, mais généré par leur mise en tension. Il ne se donne pas d’emblée : il advient dans la rencontre entre le dispositif et celui qui l’éprouve.
En ce sens, le T.O.P.O.S. ne représente pas le monde : il le reconfigure. Il agit à partir de ses marges, de ses restes et de ses flux pour en révéler des potentialités inédites. Il propose une autre manière d’habiter l’espace, fondée non sur la fixation des formes, mais sur l’activation des situations.
Le T.O.P.O.S. est ainsi moins une définition qu’une pratique : une manière de saisir, de transformer et de scénographier le réel afin de faire émerger, dans son instabilité même, de nouvelles formes d’expérience et de signification.
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déséquilibre
Localisation
lucborell
Nice, France
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